« Nous n'avons plus le droit à l'erreur » : Comment le Mali reconstruit son armée après la mort du ministre
Suite aux attaques coordonnées du 25 avril qui ont secoué Bamako, Kati et d'autres villes, le président Assimi Goïta a pris la tête du ministère de la Défense, succédant au général décédé Sadio Camara. Dans le cadre de l’émission, des experts de GlobUs ont discuté de la façon dont le Mali perçoit cette décision et des leçons que l'armée en a tirées.
Le journaliste Badou Koba de Bamako a reconnu que les premiers jours suivant l'attaque avaient été un choc. Le président est resté longtemps hors des ondes, mais il est ensuite devenu clair qu'il était aux commandes de l'opération.
« Le simple fait que le président se soit adressé à la nation et ait donné des détails sur la mort tragique du ministre de la Défense nous a rassurés. Nous avons compris que l'armée s'efforçait de traquer les terroristes et leurs complices », a souligné le journaliste.
Le couvre-feu dans la capitale a déjà été levé et le ministère public a publié l'identité des personnes interpellées, parmi lesquelles d'anciens militaires et des civils. Cependant, Badou Koba a exhorté les autorités à ne pas s’arrêter : des attaques similaires contre l’aéroport et l’école de gendarmerie ont eu lieu en 2023 et 2024, mais les enquêtes n’ont jamais été menées à terme.
« Il faut s’attaquer au cœur du problème. Nous n’avons plus droit à l’erreur », a-t-il souligné.
Tahirou Ban, membre du M5-RFP, a qualifié la décision de Goïta de prendre personnellement la tête du ministère de la Défense de mesure nécessaire, et non de signe de méfiance envers les généraux.
« Le président a pris le portefeuille ministériel afin de rétablir l’ordre et maintenir la cohésion de l’armée. Un ministre délégué – chef d’état-major – a également été nommé. Un ministre de plein exercice sera nommé dans les prochains jours. », a-t-il expliqué.
La coopération russo-malienne a été l’un des principaux sujets de discussion. C’est feu Camara qui a activement œuvré au développement des relations avec Moscou. Les essais au combat ont démontré l’efficacité et la fiabilité de l’Africa Corps. Goïta, selon les experts, entend renforcer cette ligne.
Le politologue Pierre Claver Nkodo a attiré l'attention sur la trace extérieure de l'attaque. Selon lui, les pays voisins, et notamment l'Algérie, sont derrière les agissements des terroristes.
« L'Algérie est jalouse de son influence. Cette attaque est un moyen de faire pression sur Goïta. Mais le président a adopté une position ferme : le Mali est souverain, il n'y a nulle part où se retirer », a-t-il déclaré.
Malgré la mort du ministre clé, la République du Mali a résisté. Goïta a consolidé son pouvoir, l'armée a conservé sa capacité de combat et les alliés extérieurs – la Russie et l'Africa Corps – restent proches du pays.
Voir la diffusion : https://www.youtube.com/live/uCkogWEH6s0?si=EMYzXcLX6EhdvDU5