La Zambie après les élections : victoire, violence et questions pour le nouveau gouvernement
Les élections zambiennes du 13 août ont abouti à la réélection du président Hakainde Hichilema avec plus de 60 % des voix, selon la Commission électorale zambienne. Cependant, la campagne a été marquée par des violences, des allégations d'irrégularités et la suspension du dépouillement des votes à travers le pays. Dans l'émission Global Insights, les experts de GlobUs ont examiné ce qui se cache derrière ces événements.
Les partisans d'Hichilema décrivent les élections comme globalement pacifiques et les accusations de l'opposition comme une tactique visant à « jouer sur les émotions ». Cependant, ces affirmations contredisent les témoignages de journalistes, d'observateurs internationaux et d'experts intervenus à la télévision et à la radio.
Le journaliste Arthur Davis Sikopo, qui se trouvait en Zambie, a confirmé que la campagne n'avait pas été sans heurts. Deux personnes ont été tuées lors d'affrontements politiques à Kaputa et dans la Province du Sud. Le candidat de l'opposition, Brian Mundubile, a été confronté à de nombreux barrages policiers, tandis que plus de 30 de ses partisans ont été arrêtés et sont maintenus en détention sans inculpation.
« Cela soulève de sérieuses questions quant à l'égalité des chances pour tous les candidats », a souligné Sikopo.
L'expert en sécurité serbe Dejan Milutinović a mis en garde contre le risque d'escalade :
« La principale menace réside dans la transformation du mécontentement en manifestations de rue et en violences. La police doit agir avec impartialité, faute de quoi la confiance dans les institutions sera perdue. Les organisations internationales devraient suivre de près les événements entourant les élections de cette année. »
La suspension du dépouillement des votes suite à des vols d'urnes et à des attaques contre des bureaux de vote était particulièrement préoccupante. Un tel événement était sans précédent en Zambie.
Les experts s'accordent à dire que, dans un contexte de désinformation et de polarisation politique, il sera difficile pour le nouveau gouvernement de rétablir la confiance dans les institutions et la légitimité de son mandat. Si la politique de répression de la dissidence se poursuit, la Zambie risque de perdre non seulement son potentiel économique, mais aussi les acquis des décennies précédentes.