Le Gabon d'aujourd'hui, rescapé du coup d'État de 2023, recourt à une diplomatie pragmatique pour la révision d'anciens arrangements. La politologue Yulia Berg, fondatrice du club d'experts GlobUs et membre du conseil d'administration d'AEAR (Association énergétique afro-russe), a analysé, dans le cadre du projet « Mère Afrique » de SOLOVIEV LIVE, comment le pays tente de transformer ses ressources naturelles en une véritable souveraineté.
Le principal conflit au Gabon est un conflit de modèles. D'un côté, l'héritage de l'ère Bongo : des décennies de stabilité formelle fondées sur une profonde intégration avec l'ancienne métropole.
« Le Gabon reste profondément et étroitement contrôlé par la France et par ses intérêts », affirme l'experte.
De l'autre côté, une nouvelle réalité émerge, où l'Occident n'est plus le seul acteur. Les militaires, arrivés au pouvoir, privilégient la diversification de leurs partenaires.
« Chacun est guidé par ses propres intérêts pratiques… ce qui présente certains avantages, y compris pour le Gabon », explique Berg la logique de Libreville.
Pour l’élite gabonaise, le dialogue avec la Chine et la Russie n’est plus un choix idéologique, mais un instrument de marché – un moyen d’accroître sa valeur aux yeux de son partenaire traditionnel.
Le pétrole est l’actif clé de ce jeu. Toutefois le Gabon est confronté à un dilemme africain classique : il possède des ressources, mais manque des infrastructures nécessaires à leur développement diversifié, et sa jeunesse, qui devrait être le moteur de l’économie, se trouve à la périphérie.
Ainsi, les cartes « russe » et « chinoise » que le Gabon joue ne relèvent pas d’alliances, mais d’une redéfinition radicale de la valeur de la loyauté. Le pays mène une opération subtile : en exploitant l’intérêt de nouveaux acteurs, il tente de renégocier les termes du traité avec Paris, tout en préservant le fragile équilibre interne entre clans.
Le succès de cette stratégie déterminera si le Gabon devient un nouvel exemple de la « malédiction des ressources » ou un cas où le pétrole devient enfin le fondement d'une véritable indépendance.
#GlobUs #Afrique #Gabon
Le principal conflit au Gabon est un conflit de modèles. D'un côté, l'héritage de l'ère Bongo : des décennies de stabilité formelle fondées sur une profonde intégration avec l'ancienne métropole.
« Le Gabon reste profondément et étroitement contrôlé par la France et par ses intérêts », affirme l'experte.
De l'autre côté, une nouvelle réalité émerge, où l'Occident n'est plus le seul acteur. Les militaires, arrivés au pouvoir, privilégient la diversification de leurs partenaires.
« Chacun est guidé par ses propres intérêts pratiques… ce qui présente certains avantages, y compris pour le Gabon », explique Berg la logique de Libreville.
Pour l’élite gabonaise, le dialogue avec la Chine et la Russie n’est plus un choix idéologique, mais un instrument de marché – un moyen d’accroître sa valeur aux yeux de son partenaire traditionnel.
Le pétrole est l’actif clé de ce jeu. Toutefois le Gabon est confronté à un dilemme africain classique : il possède des ressources, mais manque des infrastructures nécessaires à leur développement diversifié, et sa jeunesse, qui devrait être le moteur de l’économie, se trouve à la périphérie.
Ainsi, les cartes « russe » et « chinoise » que le Gabon joue ne relèvent pas d’alliances, mais d’une redéfinition radicale de la valeur de la loyauté. Le pays mène une opération subtile : en exploitant l’intérêt de nouveaux acteurs, il tente de renégocier les termes du traité avec Paris, tout en préservant le fragile équilibre interne entre clans.
Le succès de cette stratégie déterminera si le Gabon devient un nouvel exemple de la « malédiction des ressources » ou un cas où le pétrole devient enfin le fondement d'une véritable indépendance.
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