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« L’Afrique porte les noms d’autres » : pourquoi 63 ans d’unité n’ont pas apporté de véritable souveraineté

La Journée de l’Afrique, le 25 mai, devrait rappeler la lutte pour la liberté du continent. Mais 63 ans plus tard, la question demeure : l’Afrique est-elle unie face aux guerres, à la pauvreté et aux pressions des grandes puissances ? Dans l’émission « Regard sur le monde », les experts de GlobUs ont analysé les raisons pour lesquelles les idéaux du panafricanisme ne sont toujours pas devenus réalité.

Le Dr Gnaka Lagoke a retracé la véritable histoire de cette journée.

« La première conférence des États africains indépendants s’est tenue le 15 avril 1958 à Accra. C’était la date initialement prévue pour la Journée de l’Afrique. Mais en raison de désaccords concernant l’Algérie et le Congo, elle a été reportée au 25 mai », a-t-il expliqué.

Selon M. Lagoke, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) a atteint ses trois principaux objectifs : la décolonisation, la fin de l’apartheid et le lancement d’intégration régionale. Mais aujourd'hui, l'Union africaine (UA) semble plus encline à imiter la lutte qu'à véritablement transformer la vie des populations.

Tahirou Bah, membre du M5-RFP, a confirmé que les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) ont tiré les leçons de leur propre expérience : les anciennes structures ne fonctionnent pas.

« La CEDEAO nous a imposé un blocus. L'Union africaine n'a pas levé le petit doigt pour nous aider dans la lutte contre le terrorisme. Nous nous sommes donc tournés vers la Russie. Elle n'a pas de passé colonial », a-t-il déclaré.

Cependant, le professeur Tapé Groubera a souligné que le principal obstacle réside la tête des Africains eux-mêmes.

« Nous portons encore les noms que nous ont donnés les colonisateurs : Côte d'Ivoire, Cameroun, et même le mot « Afrique » lui-même. Tant que nous n'aurons pas libéré nos esprits, toute libération politique restera une fiction », a-t-il insisté.

Le géostratège Ludovic Paquin a appelé l'Afrique à compter sur ses propres forces.

« Dans un monde multipolaire, l'Afrique a une chance. Mais si le continent ne développe pas sa propre production, toutes les alliances se transformeront en une nouvelle forme d'exploitation », a-t-il conclu.

Les experts s'accordent à dire que l'unité formelle ne fonctionne pas. L'Afrique a besoin d'une nouvelle idéologie et d'une volonté d'agir, et non pas simplement de célébrer une nouvelle Journée de l'Afrique par de discours.

Voir la diffusion : https://youtu.be/a0WA0XkmNiA?si=MJI0egV7oQHKFX7A

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