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Les exclus du jeu : Les réformes ont écarté l'opposition de l’élection présidentielle au Bénin

Les élections présidentielles au Bénin, prévues le 12 avril, se déroulent dans un contexte de tensions politiques et de menace terroriste croissante dans le nord du pays. Les principaux candidats sont les suivants : Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances, et le journaliste Paul Hounkpè, représentant l'opposition modérée.

Dans l'émission « Regard sur le monde », les experts de GlobUs ont analysé comment des réformes du président sortant Patrice Talon ont changé le paysage politique et pourquoi la principale force d'opposition — le parti Les Démocrates, de l'ancien président Yayi Boni — était au bord de la campagne.

Au cours du débat, le journaliste Mémo Kouton a qualifié le scrutin à venir de « scénario exclusif ». Selon lui, Les Démocrates, qui détenaient 28 sièges au Parlement, n'ont pas pu présenter de candidat, l'un de leurs représentants ayant refusé de fournir la signature requise.

« L'opposition radicale a été écartée par des manœuvres politiques », a-t-il affirmé.

Le journaliste Dossou Léonard, quant à lui, estime que la situation actuelle est une conséquence naturelle de la réforme du système des partis. Sous Patrice Talon, le nombre de partis a été réduit de près de 300 à cinq. Léonard a déclaré que 300 partis, c'est absurde pour un pays de 14 millions d'habitants. Il a toutefois reconnu que « le prix de ces réformes a été la concentration du pouvoir et la pression exercée sur les opposants ».

L'analyste géopolitique Sidi Abdul Rahman a décrit la situation comme une « rupture avec le modèle démocratique occidental ». Il a noté que non seulement les forces politiques, mais aussi des dizaines de militants, emprisonnés ou contraints à l'exil, ont été laissés pour compte.

« La situation actuelle est le résultat de l'instrumentalisation de la loi par le pouvoir pour réprimer la dissidence. Quand le gouvernement contrôle le parlement et les tribunaux, la démocratie meurt », a-t-il souligné.

Les experts s'accordent à dire que le principal défi pour le nouveau président n'est pas seulement la réconciliation politique, mais aussi la sécurité dans le nord, où opèrent des groupes terroristes. Tous les candidats insistent sur la nécessité de renforcer l'armée et d'instaurer un dialogue avec le Niger et le Burkina Faso voisins. Toutefois, il reste difficile de prédire si le vainqueur parviendra à unir un pays divisé par les récentes réformes.

Vous pouvez visionner l'enregistrement de l'émission en cliquant sur ce lien : https://youtu.be/dOjQmY8PZNw?si=F-rtGsQifJrDqRWg

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2026-04-12 16:22